Penser trop

Vu ce titre dans le métro, entre les mains d’une lectrice absorbée : Je pense trop.

Un sous-titre mêlant jargons du coach et du plombier — Comment canaliser ce mental envahissant ? — précise l’argument commercial : un livre qui, à défaut de vous débarrasser de vos soucis, prétend vous apprendre à ne pas les ressasser. Poursuivre la lecture →

Découdre la langue

Est suspecte une maison d’édition qui convoque pour décrire sa ligne des géants par ailleurs tout à fait absents de son catalogue. L’une par exemple se réclame sans rire de Kafka, de Musil, de Gombrowicz, et même d’auteurs vivants, comme Chevillard, qu’elle ne publie pourtant pas. Comble du vice, elle glisse dans le tas les noms de quelques uns de ses poulains, comme on fourgue une vieille camelote sous emballage pimpant, ni vu ni connu j’t’embrouille. Poursuivre la lecture →

Jargon militant

Rien de tel que de jargonner pour se donner de grands airs militants. Le jargon jargonnant délimite un champ lexical pour initiés, à quoi se reconnaissent entre eux les bienfaiteurs de la cause, et grâce auquel ils se désignent pour ennemis les profanes qui n’en manient pas les concepts selon toutes les rigueurs de la Sainte Doctrine.

Tyrannie des systèmes théoriquement clos : le jargon militant engendre lui-même les clivages qui viendront alimenter ses revendications.

#Passion Chou-Fleur

Avec la prégnance croissante des modalités numériques de socialisation, un nouveau type de langage s’élabore, comme juxtaposition de mots-clés, ou signaux de reconnaissance, servant de paraphrase aux images que chacun diffuse de sa propre vie — images hautement scénarisées, selon l’idée plus ou moins grossière qu’on se fait du style, de loisirs où domine le shopping ; comme un discours meta-sur-soi, suggérant aux destinataires l’intention sous-jacente à ce qu’ils voient. Poursuivre la lecture →