Philosophe de l’émancipation

Le philosophe prônait l’émancipation par la rupture radicale avec les identités intolérables que nous assigne de force le hasard de la naissance : la nationalité, la condition sociale, le genre et toutes les parties du corps. Il militait notamment pour la prise en charge intégrale par la sécu des frais de chirurgie esthétique, que chacun puisse librement transformer son moi, et repartir d’un pied nouveau dans la vie, ou d’une nouvelle paire de seins. Premier cobaye de ses expérimentations philosophiques, lui-même s’était fait ravaler les chicots, liposucer le bidon, botoxer la bobine de-ci de-là. Son puissant concept fit école, et toutes les cagoles de Marseille furent derrière lui.

Philosophe de l’impensé

Le philosophe trouvait de l’impensé partout : c’est qu’il était sans doute, conclut-il, le seul homme à penser. D’où découla l’ambitieuse hypothèse qu’à part lui, les hommes, qui longtemps s’étaient crus hommes, n’étaient qu’au mieux des singes. S’ensuivit l’impensable, qu’il s’empressa de formuler : de lui-même, cela ne faisait rien moins que Dieu.

Discorde nationale autour des funérailles à Johnny

Après pour ou contre Charlie, ce fut pour ou contre Johnny, à la suite de quoi il fut décidé que toute polémique sociétale aux motifs trop obscurément emberlificotés serait désormais affublée d’un prénom qui en simplifierait radicalement l’énonciation. Qu’il s’agisse de l’abaissement des charges patronales ou des magasins ouverts le dimanche, on s’affirmerait désormais pour ou contre Martin ou Kevin. Poursuivre la lecture →

Réchauffement

Le vieil industriel, issu d’un sang noble révolu et cramponné par atavisme à l’ancienne étiquette, vouait aux gémonies tout ce qu’il voyait passer d’hommes en shorts, bermudas, chemisettes, claquettes, tongs et autres fripes décadentes révélant les chairs. L’homme occidental qui se respecte doit aller en manches longues, chaussures fermées et pantalon.

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