Asterix village gaulois

Jargon militant

Rien de tel que de jargonner pour se donner de grands airs militants. Le jargon jargonnant délimite un champ lexical pour initiés, à quoi se reconnaissent entre eux les bienfaiteurs de la cause, et grâce auquel ils se désignent pour ennemis les profanes qui n’en manient pas les concepts selon toutes les rigueurs de la Sainte Doctrine.

Tyrannie des systèmes théoriquement clos : le jargon militant engendre lui-même les clivages qui viendront alimenter ses revendications.

Troll

#Passion Chou-Fleur

Avec la prégnance croissante des modalités numériques de socialisation, un nouveau type de langage s’élabore, comme juxtaposition de mots-clés, ou signaux de reconnaissance, servant de paraphrase aux images que chacun diffuse de sa propre vie — images hautement scénarisées, selon l’idée plus ou moins grossière qu’on se fait du style, de loisirs où domine le shopping ; comme un discours meta-sur-soi, suggérant aux destinataires l’intention sous-jacente à ce qu’ils voient.

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Your own personal Jesus

Pourrait-on dire, qu’après la mort de Dieu, puis la consécutive dissolution du sujet, l’homme désespéré de se ressaisir a fini par faire éclore un Dieu de substitution directement en lui-même ? Des millions de micro-divinités concurrentes à usage strictement personnel, chacun étant désormais devenu son propre petit Dieu à soi, son propre objet d’auto-adulation.

Darwin-chart

Apprentissage

Certaines circonstances nous inspirent parfois des conclusions sur l’existence qui nous font sur le coup l’effet de révélations puissantes. Qu’on les jette seulement sur le papier pour les relire quelques années plus tard, elles nous paraîtront éculées, dépassées, d’une naïveté confondante.

C’est qu’une vie est courte pour rattraper le chemin déjà parcouru par l’humanité, et il nous faut progresser à pas de géant.

Bestiaire

Bestiaire

Nul besoin d’inventer des animaux fabuleux — licornes, griffons et centaures — quand ceux-ci peuplent déjà le monde réel : pour le voir, il suffit de poser un œil vierge sur le lion et sa crinière, le cou de la girafe, le rhino caparaçonné, le tamanoir décousu, le requin-lutin cubiste, le singe partouzeur et la grue monogame, le lézard ancestral et les bioluminescences futuristes des abysses, la fantasmagorie bariolée des parades nuptiales, la limule et le silure, le condor et le colibri, les braves toutous et les chatons et tant de merveilles encore qu’on ne les découvrira jamais toutes. Au beau milieu de ce jardin enchanté trône à l’inverse une espèce qui surpasse les pires cauchemars de la science-fiction : l’humain technologiquement augmenté.