Aujourd’hui, je me suis offert un petit plaisir

À la recherche d'une forme

9 juin 2022

20/05/22

Aujourd’hui, je me suis offert un petit plaisir : j’ai aligné un client.

Je me le suis fait, l’ai fusillé d’une punchline définitive. J’aimerais pouvoir m’y adonner plus souvent, n’étaient mes obligations professionnelles. Si je pouvais me le permettre, j’en redresserais un par jour. Peut-être cela conserverait-il ma santé, comme la pomme quotidienne censée tenir à distance le docteur.

La plupart du temps, c’est-à-dire 99 fois sur 100, on doit s’aplatir devant leurs caprices, au nom du sacrosaint impératif économique. Il faut être sûr de son bon droit, peser bien le pour et le contre, avant de lâcher les chevaux ; évaluer le rapport de force, l’éventuel manque à gagner, et la direction, va-t-elle après coup m’accorder son soutien ?

Au fondement de l’échange marchand, l’adage hideux selon lequel « le client est roi ». Certes on ne promeut plus l’esclavage, mais à la place, l’insidieux larbinat. Ta fierté, pour gagner ta croûte et conquérir des marchés, ravale-la. L’ethos du client qui se croit tout permis au seul motif qu’il PAIE, voilà bien l’un des types de caractères les plus répugnants qu’ait banalisés le capitalisme, la porte ouverte à tous les vices : despotisme, impunité et mauvaise foi. Là règnent l’arbitraire et la toquade, et on y actionne les hommes comme si c’étaient des manivelles.

Last modified: 9 juin 2022