Combat Non garanti sans mauvaise foi

Que vaut une science aux énoncés dépourvus de sens ?

De la montée en généralité

Récemment les chiffonniers du web se sont écharpés autour du dernier mot d’ordre à la mode — « Comment faire pour que les hommes cessent de violer ? » — relayé par les militants habituels.

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Combat

5 février 2021

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Misère de la critique promotionnelle

Quelle gradation subtile dans la nuance, quelles délices d’euphémismes, quels trésors de pudeur, quelles merveilles de retenue le critique ne déploie-t-il pas, pour éviter de dire en un mot qu’un livre est mauvais ; car s’il devait s’abstenir de le commenter, il ferait s’effondrer derrière lui toute la chaîne de valeur qui alimente justement l’expression de son expertise, et il en perdrait sa raison sociale. Remarquez qu’en bon fétichiste, il n’a pas à forcer sa nature : c’est l’objet pur de son fétiche qui l’anime, la Littérature en général, au-delà de ses manifestations particulières, sous toutes les formes qu’il voudra bien lui prêter pour peu qu’il puisse s’y mirer avantageusement tout en s’écoutant parler.

Combat

11 décembre 2019

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Bourre-pif

Je lis quelque part que les “formations à la création littéraire” en université constituent désormais un “marché très concurrentiel”, inversement donc au marché du bon livre, où la concurrence est rabougrie : faut-il y voir la cause de l’effet ?

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Combat

16 mai 2019

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La langue bodybuildée

Mon côté trop terre à terre me fait répugner à l’usage des mots-slogans de la novlangue digitale qui pour moi ne veulent rien dire. Dire draft pour brouillon, ou même ébauche, et template pour modèle, voir du design, de la data et du creative partout, et mille autres exemples encore de simagrées qui infestent désormais la langue, tout cela revient à gonfler à l’hélium des idées plates, leur donner un tour bionique pour les rendre sur-signifiantes, porteuses d’une valeur ajoutée purement imaginaire, par là même inaccessible au non initié.

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Combat

13 mars 2019

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Découdre la langue

Est suspecte une maison d’édition qui convoque pour décrire sa ligne des géants par ailleurs tout à fait absents de son catalogue. L’une par exemple se réclame sans rire de Kafka, de Musil, de Gombrowicz, et même d’auteurs vivants, comme Chevillard, qu’elle ne publie pourtant pas. Comble du vice, elle glisse dans le tas les noms de quelques uns de ses poulains, comme on fourgue une vieille camelote sous emballage pimpant, ni vu ni connu j’t’embrouille.

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Combat

16 décembre 2018

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Quatrain maudit

L’argent me fuit

Le taf m’ennuie

L’art me bannit

Le monde extérieur m’est ennemi.

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1 mars 2018

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Goinfres

À en croire l’engouement général que suscite sa mise en scène merchandisée, la cuisine gastronomique est l’art majeur d’une époque dont l’unique talent consiste à bouffer.

Combat

10 février 2018

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Mother! de Darren Aronofsky

(Spoiler alert !)

Sous prétexte d’allégorie baroque, sans trame ni contexte, sur les dommages collatéraux de l’égoïsme, incarné-là par le Génie Littéraire (sic) sous les traits granitiques — profil orthogonal de statue grecque — d’un Javiem Bardem outrageusement mâle, baudruche enflée de testostérone, le film se vautre gratuitement dans une putasserie sordide.

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Combat

9 décembre 2017

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Subvertir la superstructure

Dès lors qu’on travaille en entreprise, irrémédiablement pris dans l’absurde enchevêtrement économique de clients, partenaires, collègues, employés, subalternes, fournisseurs, prestataires, managers, directeurs, patrons et chefaillons en tous genres, on n’est plus qu’un rouage microscopique de la superstructure capitaliste, et l’on ne s’appartient plus.

C’est hors d’elle qu’il faut travailler pour s’appartenir, et contre elle pour la subvertir.

Combat

6 décembre 2017

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Discours de crise

À quoi bon écrire encore des romans ? Il n’y aura jamais plus d’auteur important, tous les écrivains mémorables sont déjà passés. L’histoire de la littérature est celle d’un temps révolu. C’est une mourante sous perfusion médiatique de cérémonies masturbatoires. Un cadavre pourri, que rongent des vers imposteurs.

Le bel art sied mal au goût mesquin de la démocratie qui ordonne de flatter sans condition les bas instincts du tout-venant ; ça fait beaucoup de censeurs à qui complaire à la fois. Beaucoup d’auteurs aussi : d’où vient qu’on publie tant de livres chaque année ? À croire que les écrivains excèdent en nombre leurs lecteurs.

Combat

26 novembre 2017

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