Mercredi nous nous rendons dans le quartier huppé du Vieil, avec ses vieilles maisons bourgeoises donnant directement sur la plage, pour assister au récital en plein air, piano sur le sable ou presque, d’une certaine Sophie Rivière, enfant du pays dont les « compositions s’inspirent du style néoclassique et de la nature », comme elle le précise elle-même sur son site.
Je comprends vite que son néoclassicisme n’a rien à voir avec celui de Stravinsky, de Prokofiev ou de Ravel, mais qu’il s’apparente plutôt à du Yann Tiersen léthargique sous Tranxene : douces mélodies répétitives au ralenti — nectar que le public massé debout autour d’elle semble déguster avec délice, air extatique de rigueur —, intitulées Océan, H2O, Mare nostrum et ainsi de suite, bref, on aura compris, et des fois qu’on n’aurait pas compris, Sophie Rivière prend le micro avant chaque morceau pour nous expliquer l’histoire que celui-ci va raconter, ce qu’en bon wittgensteinien je trouve parfaitement idiot ; la musique, étant incommensurable au langage, ne dit rien d’autre qu’elle même, et ne raconte surtout pas des petites anecdotes à propos des marins pêcheurs ou des mimosas qui fleurissent sur l’île à la fin de l’hiver.
Par contraste, combien plus musical sera le concert sans chichis auquel nous assisterons le lendemain soir, dans un cadre pourtant nettement moins solennel : dans le petit bar d’un brasseur local, dépendance de son hangar situé dans la ZAC, où un groupe de solides musiciens dénommé les Freaky buds reprend des classiques de blues endiablés, avec notamment un lead guitar flamboyant dont les solos tonitruants distrairont temporairement mon fils aîné de son obsession du moment pour les vélos de course : c’est maintenant d’une guitare électrique qu’il a absolument besoin !

Last modified: 29 août 2025