Critique

Misère de la critique promotionnelle

Quelle gradation subtile dans la nuance, quelles délices d’euphémismes, quels trésors de pudeur, quelles merveilles de retenue le critique ne déploie-t-il pas, pour éviter de dire en un mot qu’un livre est mauvais ; car s’il devait s’abstenir de le commenter, il ferait s’effondrer derrière lui toute la chaîne de valeur qui alimente justement l’expression de son expertise, et il en perdrait sa raison sociale. Remarquez qu’en bon fétichiste, il n’a pas à forcer sa nature : c’est l’objet pur de son fétiche qui l’anime, la Littérature en général, au-delà de ses manifestations particulières, sous toutes les formes qu’il voudra bien lui prêter pour peu qu’il puisse s’y mirer avantageusement tout en s’écoutant parler.