invraisemblables brouillaminis

Ces invraisemblables brouillaminis

Au sujets des multiples digressions qu’il entortille gaiement dans La Vie et les opinions de Tristram Shandy, Laurence Sterne écrit quelque part dans le volume VIII :

« Ne dirait-on pas que je prends plaisir à me jeter dans ces invraisemblables brouillaminis uniquement pour découvrir par quels moyens inédits je réussirai à en sortir ! » 1  

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La langue bodybuildée

La langue bodybuildée

Mon côté trop terre à terre me fait répugner à l’usage des mots-slogans de la novlangue digitale qui pour moi ne veulent rien dire. Dire draft pour brouillon, ou même ébauche, et template pour modèle, voir du design, de la data et du creative partout, et mille autres exemples encore de simagrées qui infestent désormais la langue, tout cela revient à gonfler à l’hélium des idées plates, leur donner un tour bionique pour les rendre sur-signifiantes, porteuses d’une valeur ajoutée purement imaginaire, par là même inaccessible au non initié.

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Hommage au philosophe alambiqué

Il était une fois ce professeur de philosophie, un certain monsieur Gourik, qui vous emberlificotait si bien dans sa virtuosité métaphysique, que sur le coup, l’auditeur se sentait illuminé par la révélation de l’Être, pouvait palper enfin l’intangible vérité qui lui glissait depuis toujours entre les doigts ; mais plus tard, à reprendre ses notes à tête reposée, n’y comprenait plus goutte, et s’embourbait dans un charabia sans queue ni tête, parfaitement autotélique.

Après sa mort, en la mémoire de l’abscons professeur, on baptisa l’amphi Gourik.

Hiéroglyphes

Découdre la langue

Est suspecte une maison d’édition qui convoque pour décrire sa ligne des géants par ailleurs tout à fait absents de son catalogue. L’une par exemple se réclame sans rire de Kafka, de Musil, de Gombrowicz, et même d’auteurs vivants, comme Chevillard, qu’elle ne publie pourtant pas. Comble du vice, elle glisse dans le tas les noms de quelques uns de ses poulains, comme on fourgue une vieille camelote sous emballage pimpant, ni vu ni connu j’t’embrouille.

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