La première phrase qui me passe par la tête

À la recherche d'une forme

5 novembre 2021

Ceci n'est pas un journal (Jour 1)

Ceci n’est pas un journal. Oh que non ! Juste des phrases qui me passent par la tête, et que je couche sur le papier.

Enfin, façon de parler — mon papier est virtuel, tout de pixels, et mon stylo, un clavier ; quant à coucher des phrases, cette bonne vieille métaphore, outre qu’être éculée, suggère en toute logique que notre esprit les initierait verticalement, les phrases, avant de les étendre par écrit. Ce qui nous distinguerait, entre autres, des Chinois : leurs phrases doivent bien leur venir couchées, sinon comment les mettraient-ils debout ? Ainsi s’expliqueraient peut-être bien des malentendus, entre eux et nous.

J’aimerais mieux ne pas que ce que j’essaie de tenir ici s’avère un journal. Comment donc m’y prendre ? D’abord j’ai pensé : je vais partir sur la première phrase qui me passe par la tête. Ou est-ce usuellement ainsi que procèdent les diaristes officiels ?

Et puis, c’est quoi au juste, la première phrase qui me passe par la tête ? Est-ce la phrase qui me vient juste après que j’ai résolu de retenir la première phrase qui me passerait par la tête, soit la phrase qui se déroule à l’instant même sous vos yeux, ou est-ce la phrase antérieure, précisément concomitante à l’idée : « je vais partir sur la première phrase qui me passe par la tête » ?

Or je n’en ferai rien, cela reviendrait à écrire comme parlent les apprentis cuistots téléréalistes qui, à tout bout de champ, « partent sur » des paupiettes de gnou, des kouglofs revisités ou des œufs durs en trois façons. À la rigueur, la seule chose sur laquelle je pourrais éventuellement partir sans esquinter la langue, ce seraient les chapeaux de roue. Dont acte.

Phrase

Last modified: 8 novembre 2021