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Si c’est pour se prendre des coups…
Si je nage en club, c’est pour entre autres pratiquer à mon aise. Aujourd’hui, j’ai eu le malheur d’expérimenter la piscine Jacqueline Auriol à la pause déj, allée Louis de Funès, pour une séance burlesque en effet si on doit la prendre à tout prix du bon pied, mais un peu rase à mon goût. À la sociologie du quartier, boomeurs industrieux et cadres strava, ajoutez l’afflux suscité par la chaleur ainsi que la restriction d’horaire imputée à celle-ci : ça se bouscule au comptoir, qui ouvrira à midi pile et pas une seconde plus tôt malgré des guichetiers dans les starting-blocks, et la file déjà dense, inavertie du changement, plutôt sur les nerfs sauf une bande de vieilles qui se racontent trop fort le pays, de ces habituées toujours en pole position.
Continue ReadingD’où parles-tu, camarade ?
Dans mes notes laissées en friche pour cause de cerveau fondu par la chaleur, cette idée que chacun devrait déclarer d’où il parle, à l’instar de l’exorde marxiste, avant que d’ergoter en public à propos de la canicule. Non pas pour se faire mousser ni plaindre, mais qu’on sache au moins à qui on a affaire, à quelles conditions réelles telle opinion est arrimée. Je me prête donc à l’exercice :
Continue ReadingNettoyer les bidonvilles ontologiques
On peut au moins reconnaître le mérite d’avoir déchaîné les passions sur X à l’édito de Richard Dawkins, fameux biologiste dont Le Gène égoïste a légitimement fait date, célèbre aussi pour son athéisme intransigeant. Peut-être n’aurait-il pas dû lui valoir une telle avalanche de sarcasmes : sa chronique se voulait sans doute avant tout récréative.
Continue ReadingDouble bind
Sales temps pour les fans de vélo. Pour qui s’efforce d’être honnête avec soi-même, tout enthousiasme est aussitôt mâtiné de soupçon : trop de watts à chaque ascension, de quoi éclairer nos villes pour l’année. La moindre douceur nous est amère : on vit sous l’emprise du double bind.
Continue ReadingBall-trap à la foire ontologique
De toutes les écoles qui prospèrent sur le commentaire de l’IA, une en particulier démange le troll en moi.
Bien sûr, les négateurs des prodiges qu’elle accomplit, tenants de la rengaine du “perroquet stochastique” (et qui se montrent en effet imbattables au psittacisme), font peine à voir à l’œil un minimum averti. Ils ont pris deux mille ans d’un coup dans la gueule, les malheureux. Ils essaient bien de frotter quelques cailloux ensemble : aucune étincelle à l’horizon. Ils ont même ressorti le vitalisme du placard pour l’occasion, mais l’odeur de naphtaline ne trompe pas : ça sent le sapin.
Continue ReadingProphétie auto-réalisatrice
A ma droite, 28 jeunes écrivains américains (dont un non binaire, précise l’étude) fâcheusement formés au creative writing, et déjà un minimum reconnus par le sérail.
On attribue à chacun trois écrivains célèbres choisis parmi ce pot-pourri :
Continue ReadingDeux sœurs
Aujourd’hui j’ai revu pour la première fois depuis ma vingtaine (c’est dire si c’est loin) les deux sales gueules de mes cousines germaines du côté de ma mère, des mêmes générations que mon frère et moi, branche pourrie avec laquelle c’est peu de dire que nous sommes en froid, comme avec toute la famille de ma mère en vérité, si bien qu’on pourrait croire que la branche pourrie c’est nous, mais non : pourri, en fait, c’est tout le reste de l’arbre qui l’est (si par exemple, comme ce ne fut pas le cas, j’avais consenti sous la pression, il y a quelques années, à faire le déplacement pour l’enterrement de mon grand-père, ce n’eût pu être qu’afin de cracher sur sa tombe).
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